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Droits de succession à Arras : barème, abattements et calcul avec votre notaire

La transmission d’un patrimoine à la suite d’un décès s’accompagne d’une fiscalité spécifique que sont les droits de succession. Calculés par l’administration fiscale sur la part nette recueillie par chaque héritier, ils varient fortement selon le lien de parenté avec le défunt et selon la valeur des biens transmis. Comprendre leur mécanisme, de la composition de l’actif successoral aux abattements jusqu’à l’application du barème progressif, permet d’anticiper le coût réel d’une succession et d’organiser sereinement la transmission de son patrimoine. Beaucoup d’héritiers découvrent en effet la charge fiscale au moment le plus douloureux, faute d’avoir mesuré à l’avance ce que la loi met à leur charge. Votre notaire, seul professionnel habilité à régler une succession comportant un bien immobilier, occupe à ce titre un rôle central de liquidation et de conseil auprès des familles du territoire arrageois, en apportant une information claire et objective sur les règles applicables avant même l’ouverture de la succession.

Ce que représentent les droits de succession et l’actif taxable

Les droits de succession constituent un impôt prélevé sur la transmission d’un patrimoine au décès de son propriétaire. Ils sont dus par chaque héritier ou légataire sur la valeur nette de la part qu’il recueille, après déduction des dettes du défunt. Leur montant repose sur deux paramètres déterminants : le degré de parenté qui unissait l’héritier au défunt et la valeur transmise. Avant tout calcul, il faut reconstituer avec précision la consistance du patrimoine, une étape technique qui s’inscrit pleinement dans une démarche de recherche de conseil en gestion de patrimoine à Arras qui mobilise l’expertise de votre notaire, aussi bien pour évaluer les biens que pour identifier les héritiers appelés à la succession.

Qui est redevable des droits de succession ?

Les droits sont supportés par chacun des héritiers et légataires, individuellement, sur la fraction du patrimoine qui lui revient. La loi organise un ordre de dévolution qui appelle en priorité les descendants, puis les ascendants et les collatéraux, tandis que les enfants bénéficient d’une part minimale dite réserve héréditaire. Le conjoint survivant occupe une place particulière, tout comme le partenaire lié par un PACS : tous deux sont aujourd’hui totalement exonérés de droits de succession, quelle que soit la valeur reçue. À l’inverse, une personne désignée par testament sans lien de parenté avec le défunt sera taxée au taux le plus élevé. Un héritier peut par ailleurs renoncer à la succession, sa part revenant alors à ses propres descendants par le jeu de la représentation, ou choisir de l’accepter à concurrence de l’actif net pour se prémunir contre les dettes. La qualité de chaque bénéficiaire détermine donc directement le montant de l’impôt, ce qui rend l’établissement de la dévolution successorale indispensable avant tout chiffrage.

De la masse successorale à l’assiette taxable

Le calcul débute par la reconstitution de l’actif brut : biens immobiliers évalués à leur valeur vénale au jour du décès, comptes bancaires, valeurs mobilières, véhicules et mobilier, ce dernier pouvant être retenu selon un forfait de 5 % de l’actif à défaut d’inventaire. De cet actif, votre notaire déduit le passif déductible, c’est-à-dire les dettes certaines du défunt, les emprunts en cours et les frais funéraires dans une limite forfaitaire. On obtient ainsi l’actif net successoral, qui est ensuite réparti entre les héritiers selon leurs droits respectifs. C’est sur cette part nette, et sur elle seule, qu’interviennent l’abattement personnel puis le barème. Une évaluation rigoureuse des biens est donc déterminante, une surévaluation alourdissant inutilement l’impôt tandis qu’une sous-évaluation expose à un redressement fiscal. Certaines donations consenties par le défunt de son vivant doivent en outre être rapportées à la succession pour vérifier qu’elles n’ont pas porté atteinte à la réserve des héritiers, ce qui peut modifier la répartition finale et, avec elle, l’assiette taxable de chacun.

Les abattements applicables selon le lien de parenté

Avant d’appliquer le barème, l’administration retranche de la part nette de chaque héritier un abattement personnel, dont le montant dépend du lien de parenté avec le défunt. Cet abattement fonctionne comme une franchise : seule la fraction qui le dépasse est effectivement taxée. Le même mécanisme se retrouve, avec les mêmes montants, dans le cadre des donations, où il se reconstitue tous les quinze ans, ce qui ouvre d’importantes possibilités d’anticipation.

L’abattement de 100 000 € en ligne directe

En ligne directe, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents, et réciproquement lorsqu’un parent hérite de son enfant. Concrètement, un enfant qui recueille 100 000 € ou moins ne supporte aucun droit. Les personnes en situation de handicap disposent d’un abattement spécifique supplémentaire de 159 325 €, cumulable avec l’abattement personnel, ce qui protège significativement les héritiers vulnérables. Les petits-enfants, quant à eux, ne bénéficient que d’un abattement réduit de 1 594 € lorsqu’ils héritent directement, sauf lorsqu’ils viennent en représentation d’un parent prédécédé, auquel cas ils se partagent l’abattement de 100 000 € qui revenait à ce dernier.

Conjoint, partenaire de PACS et héritiers éloignés

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont, depuis la loi du 21 août 2007, exonérés de toute taxation successorale, sans plafond. Cette exonération ne dispense toutefois pas d’organiser leur protection, car le PACS n’ouvre aucune vocation héréditaire légale en l’absence de testament. Les frères et sœurs disposent d’un abattement de 15 932 €, et peuvent même être totalement exonérés lorsqu’ils sont célibataires, veufs ou divorcés, âgés de plus de cinquante ans ou infirmes, et qu’ils vivaient avec le défunt durant les cinq années précédant le décès. Les neveux et nièces bénéficient d’un abattement de 7 967 €, tandis que les héritiers plus éloignés ou sans lien de parenté ne disposent que de 1 594 € et subissent les taux les plus lourds, comme le récapitule le tableau ci-dessous.

Abattements et barème des droits de succession en vigueur (2026)

Lien de parenté Abattement personnel Barème applicable
Enfant, parent (ligne directe) 100 000 € Barème progressif de 5 % à 45 %
Conjoint, partenaire de PACS Exonération totale Aucun droit dû
Petit-enfant 1 594 € Barème progressif de 5 % à 45 %
Frère ou sœur 15 932 € 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 %
Neveu ou nièce 7 967 € 55 %
Personne en situation de handicap 159 325 € (cumulable) Selon le lien de parenté
Parent jusqu’au 4e degré Néant 55 %
Autre héritier ou personne sans lien 1 594 € 60 %

Calculer le montant des droits de succession

Une fois l’abattement déduit, la part nette taxable de chaque héritier est soumise à un barème progressif par tranches. En ligne directe, ce barème débute à 5 % pour la fraction la plus basse et atteint 45 % pour les patrimoines les plus élevés, chaque tranche n’étant taxée qu’à son propre taux. La situation du conjoint appelle une vigilance particulière : son exonération totale de droits ne suffit pas toujours à le mettre à l’abri des conséquences civiles d’une succession, notamment face aux enfants d’une précédente union. Nos explications pour protéger son conjoint en cas de décès détaillent les outils complémentaires, qu’il s’agisse de la donation entre époux, du testament ou de l’aménagement du régime matrimonial, qui viennent utilement compléter le seul avantage fiscal.

L’application du barème progressif

Le barème en ligne directe s’articule autour de sept tranches : 5 % jusqu’à 8 072 €, 10 % de 8 072 € à 12 109 €, 15 % de 12 109 € à 15 932 €, 20 % de 15 932 € à 552 324 €, 30 % de 552 324 € à 902 838 €, 40 % de 902 838 € à 1 805 677 €, puis 45 % au-delà. Prenons l’exemple d’un enfant recueillant 250 000 € : après l’abattement de 100 000 €, la part taxable s’élève à 150 000 €. En appliquant successivement chaque tranche, les droits dus atteignent environ 28 200 €. Entre frères et sœurs, le calcul est plus simple mais plus lourd, avec un taux de 35 % jusqu’à 24 430 € et de 45 % au-delà. Ce mécanisme progressif explique pourquoi deux successions de même valeur peuvent donner lieu à des impositions très différentes selon la qualité des héritiers.

Barème progressif des droits de succession en ligne directe pour enfants et parents avec tranches et taux applicables

Déclaration, réductions et paiement des droits

Les héritiers doivent déposer une déclaration de succession auprès de l’administration fiscale, en principe dans les six mois suivant le décès lorsque celui-ci est survenu en France, le paiement des droits accompagnant en principe ce dépôt. Certaines réductions subsistent, notamment pour les mutilés de guerre, tandis que des dispositifs de paiement fractionné ou différé permettent d’étaler la charge, en particulier lorsque la succession comporte des biens difficiles à liquider rapidement. Votre notaire établit la déclaration, calcule les droits, procède aux formalités de publicité foncière pour les immeubles et sécurise l’ensemble de la liquidation. Son intervention garantit la conformité de la déclaration et évite les erreurs d’évaluation susceptibles d’entraîner des pénalités. Passé le délai légal, un intérêt de retard s’applique en effet sur les sommes dues, auquel s’ajoute une majoration en cas de dépôt tardif, ce qui rend d’autant plus utile un accompagnement méthodique dès les premières semaines suivant le décès.

Anticiper la transmission pour alléger les droits

La fiscalité successorale n’est pas une fatalité : plusieurs mécanismes légaux permettent d’organiser la transmission de son vivant et de réduire, parfois fortement, la charge supportée par les héritiers. Ces stratégies supposent toutefois d’être mises en place suffisamment tôt et adaptées à chaque situation familiale et patrimoniale. Plus la transmission est préparée en amont, plus l’éventail des solutions reste large ; à l’inverse, une succession non anticipée laisse peu de marge de manœuvre aux héritiers, qui subissent alors le barème dans toute sa rigueur.

Donation, démembrement et assurance-vie

La donation constitue le premier levier d’anticipation : l’abattement de 100 000 € en ligne directe se reconstitue tous les quinze ans, ce qui permet de transmettre régulièrement sans droits. La donation-partage fige de surcroît la valeur des biens au jour de l’acte et prévient les conflits ultérieurs entre héritiers. Le démembrement de propriété, qui consiste à donner la nue-propriété tout en conservant l’usufruit, réduit l’assiette taxable puisque seule la valeur de la nue-propriété, déterminée selon l’âge du donateur, est soumise aux droits. S’y ajoutent le don familial de sommes d’argent, exonéré à hauteur de 31 865 €, et l’assurance-vie, dont les capitaux transmis échappent largement aux droits de succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré. Ces dispositifs ne s’excluent pas les uns les autres : ils se combinent au contraire pour construire, au fil du temps, une transmission progressive et maîtrisée, dont chaque étape est documentée par un acte ou un contrat opposable à l’administration.

Le rôle de votre notaire dans la stratégie successorale

Chaque patrimoine étant unique, la combinaison des outils de transmission doit être pensée sur mesure. Votre notaire dresse un état complet de la situation familiale et patrimoniale, mesure l’impact fiscal des différentes options et rédige les actes authentiques qui donnent à la transmission sa pleine sécurité juridique. Il veille à préserver l’équilibre entre les héritiers, à respecter la réserve héréditaire et à concilier les objectifs du transmettant, qu’il s’agisse de protéger son conjoint, d’avantager un enfant ou de préparer la transmission d’une entreprise, avec le cadre légal. À Arras comme dans l’ensemble du Pas-de-Calais, cet accompagnement permet d’aborder la succession non plus comme une contrainte subie, mais comme une transmission organisée et anticipée, au service de la sérénité des familles. Prendre rendez-vous en amont pour établir un bilan de sa situation reste, en la matière, la démarche la plus efficace pour transmettre dans les meilleures conditions et éviter aux proches des arbitrages difficiles dans l’urgence du deuil.

Maitre Louh notaire Arras

Maître Hanane LOUH-EL RHRIB

Docteure en droit et notaire à Arras, Maître LOUH-EL RHRIB met son expertise au service des particuliers et professionnels en droit de la famille, immobilier, affaires et gestion de patrimoine, avec une approche rigoureuse, humaine et issue de son expérience universitaire.